Témoignages
De Haïti à L’Oréal - Vincent – Volontaire du Progrès en Haïti

A lire son CV, rien ne destinait Vincent à tenter l’expérience du volontariat de solidarité internationale. Elève ingénieur de l’Institut catholique des arts et métiers (ICAM) à Lille, il fait ses premières armes comme stagiaire chez un fournisseur de Renault, puis chez Nestlé. Parallèlement, il mène une vie associative riche qui lui ouvre les yeux sur la solidarité. Son diplôme en poche, il décide alors de « partir à la rencontre des cultures afin de vivre le monde autrement » et devient Volontaire du Progrès. Au départ, il n’a en tête qu’une « parenthèse de deux ans ». A 30 ans maintenant, il reconnaît que cette parenthèse n’est toujours pas refermée. Ce qu’il a vécu en Haïti, où le quotidien signifie « vivre avec les gens et s’intéresser à eux », les valeurs qui sous-tendent ce mode de vie, il les réinvestit aujourd’hui. Chez L’Oréal.
Comment un Volontaire du Progrès devient-il ingénieur développement de formation chez L’Oréal ?
« En se donnant du temps et en prenant du recul sur ce que l’on vient de vivre », répond Vincent qui souligne l’importance sur stage Bilan et Perspectives proposé par l’AFVP aux Volontaires de retour en France. Mais aussi en mettant de côté l’affectif sans pour autant perdre son enthousiasme à raconter son volontariat. Car la recherche d’emploi suppose de « traduire ses émotions, les visages et les instants en compétences et qualités développées ».
Aujourd’hui, l’ancien Volontaire du Progrès réinvestit à sa manière son volontariat. Il a permis d’affirmer les valeurs sur lesquelles il construit sa vie personnelle et professionnelle : sens de l’écoute, tolérance, capacité d’adaptation à un environnement changeant, prise de décision.
Annick et Christophe – Kinés musclés – Volontaires du Progrès au Bénin

Les bâtiments ont été inaugurés en début d’année. Un véritable événement tant les structures de rééducation sont rares au Bénin. La première école de kinésithérapie du pays vient tout juste de former sa première promotion… Et pourtant les besoins sont immenses. Combien d’enfants handicapés à vie suite à des pathologies bénignes ? Trop pour Annick et Christophe, kinés frais émoulus et Volontaires du Progrès belges.
Encore étudiants, ils partent en stage à l’hôpital de Cotonou. Sitôt leur diplôme en poche, le couple décide presque naturellement de retourner au Bénin. Objectif : créer un service de kiné dans un hôpital à l’intérieur du pays et développer des services de réadaptation dans les villages alentour. L’AFVP et Terre des Hommes soutiennent le projet et les deux nouveaux volontaires s’installent à Abomey. Un hangar et un manguier abriteront leurs séances de soins avant qu’ils ne mobilisent de nouveaux partenaires et ne convainquent des bailleurs de fonds de financer un bâtiment bien équipé.
Aujourd’hui le centre de rééducation s’autofinance et emploie six kinés et infirmiers. Tous les ans, une quarantaine d’enfants sont opérés et rééduqués. Annick est devenue Volontaire des Nations Unies et continue à travailler en étroite collaboration avec le service de rééducation ; elle est responsable d’un projet de chirurgie orthopédique qui finance le traitement dont bénéficient les enfants handicapés. Christophe lui est salarié du Centre.
